Dans la galerie Simoncini rôdent des poètes parmi les toiles
Dans la galerie Simoncini rôdent des poètes parmi les toiles de Marie-Paule Schroeder

J’étais tel un vampire au dixième Printemps des poètes à Luxembourg. C’était le 2 avril, dans la galerie Simoncini, où à l’affût, le carnet de notes à la main et le crayon dans l’autre, je guettais l’inspiration. Ah, cette vilaine manie journalistique: démarquer! Mais il faut assumer ses turpitudes. Voici donc le premier jet d’un texte que j’y ai écrit. Croqué al vif, comme disait Villard de Honnecourt d’un lion, en espérant que celui-ci ne me dévorera pas.

AU PRINTEMPS DES POÈTES

Il y a des poètes en moumoute
Qui cachent leurs textes derrière des lunettes de soleil

Il y a des poètes arrivant de loin
Qui disent dans des langues inconnues des phrases mystérieuses

Il y a des poètes ventrus
Qui sans doute ont mangé trop de mots et bu trop de vers

Il y a des poètes aux chevelures rousse ou blanche
Qui font choir leur texte d’un mouvement de la tête

Il y a des poètes rigolos
Qui sont plus acteurs qu’auteurs de leurs simples histoires

Il y a des poètes hagards
Dont le regard cherche partout le miroir de l’inquiétude

Il y a des poètes virtuels
Qui écoutent en regardant leur montre

Il y a des poètes assis
Que la vie, les mots ou la fatigue ont rétréci

Il y a des poètes debout
Qui préfèrent mourir dans cette position

Il y a un vieil Indien (est-il poète, lui aussi?)
Qui semble avoir survécu aux manigances de Cortès

Il y a un poète voleur, un vrai filou
Qui pille allègrement l’atmosphère

(c’est moi).

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